
2. Les accidents biochimiques :
Joël se croyait sain et sauf mais hélas à ses problèmes s'ajoute un mal de crâne de plus en plus fort et sa vision devient de plus en plus floue. Cela est dû aux accidents biochimiques.
Les accidents biochimiques résultent de la loi de Dalton vue en première partie. Ils sont liés à la toxicité des gaz respirés lorsque leur pression partielle franchit la limite du seuil à la baisse ou à la hausse. (Les gaz que l'on respire peuvent être toxiques dès que leur pression partielle dépasse un certain seuil.)
L'azote ou « ivresse des profondeurs »
L'accident narcose azote se déroule lors de la descente, lorsque la pression ambiante va augmenter avec la profondeur.
Plus la pression de l’air est élevée, plus la solubilité du dioxygène dans le sang est grande. Cette relation entre la pression et la solubilité intervient en plongée puisque le plongeur respire l’air à la même pression que la pression de l’eau à la profondeur où celui-ci se trouve. Les cellules du plongeur, en particulier celles du cerveau, sont donc suroxygénées. Le sang est donc intoxiqué par un gaz utilisé lors des plongées aux mélanges gazeux. Dans ce gaz, seulement l’oxygène est utilisé et non l’azote. Le plus souvent, l'azote a un pouvoir narcotique élevé (narcotique= substance chimique capable d'induire, chez l'homme et chez l'animal, un état proche du sommeil et qui engourdit la sensibilité.)
On peut comparer la narcose à une consommation excessive d'alcool, d'où le nom d'ivresse des profondeurs également utilisé pour qualifier ce phénomène.
Symptômes :
• entre 10m et 30m : - Euphorie légère
• à 30m : - altération des capacités de raisonnement
- de choix
- de memoire
• 30-50m : - hilarité,
- idées fixes
- confiance excessive en soi
- incapacité de réaliser des calculs simples
• à 50m : - somnolence
- hallucinations (troubles de la vision, vision effet tunnel)
- altération des facultés de jugement
•50-70m : hystérie angoisse
• à 70m : détérioration des capacités intellectuelles et mauvaise dextérité manuelle
•70-90m : Confusion mental
• à 90m : perte de connaissance
• au-delà de 100m : mort
( Autres symptômes : Disparition de la notions de durée, discours intérieur, repli sur soi…)
L’ivresse des profondeurs apparaît généralement chez les plongeurs entre 30 et 60 mètres de profondeur. Cette ivresse des profondeurs n’a pas le même effet sur les personnes, certaines ne s’en rendront pas compte tandis que pour d’autres les effets se feront sentir plus rapidement. La prévention principale consiste à ne pas dépasser 60 mètres à l'air -mélange de gaz- (limite réglementaire MN90).
La toxicité à l'oxygène:
L'hyporexie est un excès d'oxygène dans le sang. Notre organisme tolère une pression partielle d'oxygène inspirée comprise entre 170 hPa soit 0,17 bar et 500 hPa soit 0,5 bar (la pression partielle atmosphérique d'oxygène étant de 210 hPa au niveau de la mer), mais il peut supporter des pressions supérieures sur de courtes durées. Lorsque la pression partielle inspirée dépasse 500 Hpa, l’oxygène devient neurotoxique (action d'un poison sur le système nerveux), déclenchant la crise d’hyperoxie encore appelée effet Paul Bert; les symptômes vont être les suivants : vision doubles, crampes, malaise général, nausée ,crise d'épilepsie...Comme la pression dépend de la profondeur, le maximal autorisé étant de 60 m , l'hyporexie apparaissant en général à 75m de profondeur.
Il y a ensuite l'effet Lorain-Smith : cet effet apparaît lorsque les poumons sont exposés pendant plus de 2 heures à une PPO2 supérieure à 0.5 bar. Le visage devient rosé, le plongeur a des difficultés à respirer et des toux récurrentes. Dans les cas les plus graves, il y aura des lésions alvéolaires, ou pire une œdème pulmonaire( insuffisance respiratoire).
En cas inverse, lorsque l' oxygène inspiré est inférieur à 0,17 bar, on appelle ce cas hypoxie. En cas d’hypoxie, on va avoir une accélération du rythme cardiaque, des hallucinations légères, puis on va avoir, par ordre d’apparition (au fur et à mesure que la PPO2 baisse) une chute brutale de la tension artérielle (collapsus), une perte de connaissance, un arrêt respiratoire puis un arrêt cardiaque. (conduite à tenir, augmenter la PPO2 avec de l'oxygénothérapie (apport en dioxygène avec l'aide d'un détendeur de secours)
L'hypercapnie:
L'hypercapnie est liée à une pression partielle de CO2 supérieure à la normale. Lorsque le dioxyde de carbone dans l'air de la bouteille est supérieur à la pression normale ou lorsque le dioxyde de carbone est mal évacué (l'activité physique est plus importante que le rythme respiratoire) , cela va dans tous les cas provoquer un essoufflement pouvant aller jusqu'à un arrêt cardiaque ou pire encore jusqu'à la mort. Le plongeur va accélérer son rythme respiratoire. Malgré cela, il aura une sensation de manque d’air et respira de plus en plus vite. Un stress pouvant aller jusqu’à la panique va apparaitre. Au final, le plongeur aura des vertiges et perdra connaissance au moment de l’arrêt cardio-respiratoire.